5 ans pour du vent.

Posté le 4 septembre 2009 dans Chroniques des Playmobils par Playmobil P

Lorsque mon directeur de recherches m’a annoncé ma réussite à l’examen de Master II, ma seule remarque fut « quelles sont les modalités d’inscription en doctorat ». Cela n’avait sans doute rien à voir avec du nombrilisme ou avec la certitude d’avoir réussi en ayant travaillé, mais je ne ressentais aucune satisfaction particulière. Plus que tout, j’avais pris subitement conscience que mes cinq années d’études n’avaient pour ainsi dire, pas servies à grand-chose, sauf peut-être pour de la satisfaction personnelle. Une personne en situation de handicap, blindée ou non de diplômes se retrouve comme tous les autres, perdue sur le marché de l’emploi. Bien entendu, certains d’entre vous me diront qu’il existe des lois obligeant les entreprises à recruter…. Que dalle ! Lorsque vous êtes handicapé et que vous possédez les mêmes qualifications qu’un valide, vous êtes, par votre situation, désavantagés. Alors comme beaucoup d’entre nous, vous vous cherchez, et vous perdez une autre année, voir deux, dans des études qui fondamentalement ne vous apporteront pas grand-chose. Qu’espérais-je en voulant rejoindre les hordes de chercheurs ? Jamais ces derniers ne m’auraient pris au sérieux. « un aveugle dans le domaine de la recherche historique, pis quoi encore… » L’on m’a clairement spécifié que mon sujet d’étude « l’histoire de l’enseignement des aveugles en France » n’intéressait personne et qu’il ne rentrait pas dans le cadre des recherches dispensées par le laboratoire scientifique de la faculté. Bref, l’on m’a gentiment envoyé chier. Ainsi je me retrouve avec un master en science humaine, et trois bouches à nourrir. Faire vivre une famille avec une pension c’est bien, mais avec un salaire c’est mieux. Je voulais devenir prof d’histoire à la fac, eh bien une nouvelle fois, je peux revoir mes objectifs.

Ne voulant pas rester, tel une otarie bourrée à la bière sur mon canapé, je me suis inscrit en agrégation, pour atteindre la réalisation de mon pseudo projet, mais honnêtement, je ne pense pas réussir. L’examen est particulièrement sélect, et mes chances de réussite, « puisqu’il me faudra faire face à de la géographie » sont quasiment nulles. En bref, je vais, si je continue dans cette voie, finir par ressembler un à Mormon dépressif.

Vous avez des suggestions. (Evitez de me citer l’art et la manière de confectionner un nœud coulant).

4 Réponse pour '5 ans pour du vent.'

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  1. Playmogeek a dit :

    le 4 septembre 2009 @ 21:29

    Salut Peter, toujours content de te lire 😉

    Bienvenue dans la jungle, même si entre nous on en avait déjà un aperçu…   Je comprend ta déception puisque je l’ai aussi.  J’ai fais ma pré-rentrée à Lille2 et on m’a expliqué que pour obtenir les cours c’était pas gagné, ma motivation était moyenne pour reprendre à 0 mais là…

    Donc si ça peut te consoler, dis toi que l’on est tout les 2 dans la même barque au milieu du marécage…

    Pour le moment, la priorité est de garder le moral car c’est pas simple.

  2. daria a dit :

    le 4 septembre 2009 @ 21:57

    Je comprends ta situation la géo quand on est en histoire en général c’est pouah 😉
    En revanche je ne comprends pas ta fac qui ne s’intéresse pas à ton sujet d’études et « Les chevaliers-paysans de l’an mil au lac de Paladru » c’est autrement plus intéressant c’est sûr, c’est le livre de chevet de tout le monde ! (merci à Agnès Jaoui pour lui avoir fait de la pub à cette thèse )

  3. Playmogeek a dit :

    le 4 septembre 2009 @ 22:09

    @Daria: peut-être parce que les directeurs de thèses ont peu de connaissances sur le sujet, considéré peut-être comme marginal car concernant une minorité?

    Y’a bien des historiens du handicap mais peu nombreux


  4. le 6 septembre 2009 @ 08:03

    Si ca peut te consoler, du temps ou j’étais étudiante (voilà dix ans) mon directeur de recherche m’a bien fait comprendre que ce n’était pas la peine d’espérer faire un doctorat car je n’avais mes parents pour financer mes études et à ces yeux il était impossible de préparer une thèse et travailler en meme temps… Comme quoi !

    Sinon je comprends ton désarroi (qui ne le serait pas) mais je trouve le sujet de recherche super intéressant ! et justement parce que les historiens du handicap sont rares, il est important que tu ailles jusqu’au bout de ton projet.

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