Les étudiants Playmobil: une existence réelle temporaire?

Posté le 11 septembre 2007 dans Archive du blog V1 par Playmobil J

Ah la télé, c’est magique car elle a le pouvoir de vous faire exister pendant un laps de temps qui prend fin lorsqu’un nouveau sujet apparait…

J’irai plus loin en affirmant que la date du Téléthon n’est pas anodine, pas plus que le concert des Enfoirés et la campagne des Restos du Coeurs qui tourne autour de la période de Noël et celle des étrennes. Je suppose que les gens sont peut-être plus enclins à faire des dons et que la misère et la pitié sont favorisé à ce moment là… Ce que j’écris vous parait peut-être scandaleux, mais regardez les JT et lisez les journaux, à part les magazines spécialisés, combien y a t’il de sujets consacrés aux personnes handicapées?
Les gens veulent de l’aseptisé, vous comprenez quand on rentre le midi ou le soir, on ne veut pas voir des morts et la détresse humaine, alors on préfère des sujets plus légers pour se détendre. Ce souhait est légitime mais il ne fait que cacher ce qu’on refuse de voir, ou alors on accepte mais uniquement pendant des émissions spécifiques à un voyeurisme compatissant. En dehors de ces périodes et émissions, point de salut.

Pourtant les Playmobil ont une existence en dehors de la petite lucarne. Comme vous, ils ont une vie, bon ok pas forcément aussi remplie que la vôtre, qui essayent de mener tant bien que mal.
Il serait naïf de croire que lorsque les médias ne traiteront plus le sujet des élèves et étudiants handicapés scolarisés en milieu ordinaire, cela voudra dire que le problème est résolue….

Le site handi-u propose des statistiques sur les étudiants handicapés : On voit que le handicap moteur (comme votre serviteur) représente le deuxième type de handicap (le premier concerne les troubles de la santé) des étudiants concernés alors que la déficience visuel représente le 3ème type de handicap. Par contre il est difficile de lire si les étudiants handicapés poursuivent en second cycle (Master) à cause du changement introduit par la réforme du LMD…

Pour certains types de handicap, lorsque celui est lourd et entraîne une dépendance, la présence d’un AVS est indispensable: voir cette article d’e-tud.com qui pointe les défaillances de l’accompagnement.
Le commentaire de Laurence, maman d’un enfant IMC, résume bien la situation: On envoi des personnes n’ayant aucune connaissances du handicap, aucune qualifications/formations aider des étudiants handicapés. J’ai vécu ce problème et résultat je n’ai plus eu d’AVS. J’ai plus confiance en l’Etat/Education Nationale qu’aux associations concernant le recrutement et la gestion des AVS qui pensent pouvoir vous donner des leçons sous prétextes qu’elles vous offre un service. Pour ma part, c’était tout vu: j’ai fais 8 ans d’internat et mes parents m’ont toujours fait confiance et donc je refusai d’avoir un pseudo tuteur et une association qui se permette des critiques sur ma gestion de ma scolarité. L’absence de cadres législatifs concernant les AVS et les étudiants ont pu entraîner certains abus.. Il était hors de questions qu’on me traite comme si j’étais un gamin, moi l’étudiant handicapé qui se bat, avec la fierté qu’il lui reste, pour qu’il soit traiter comme quelqu’un de responsable et avec respect et confiance comme pour les autres. Je me suis rebellé, et je n’ai plus eu d’AVS… (J’ai perdu mon AVS pendant qu’on parlait de l’année européenne du handicap…..)

Comme le dit Laurence, il faut que l’AVS soit un emploi reconnu avec une vrai formation. Malheureusement, je pense que l’Etat va dans le mauvais sens:

la nouvelle loi prévoit que les auxiliaires soient des personnes au chômage depuis plus de deux ans et âgés de plus de 50 ans. Ils aident les étudiants dans leurs déplacement et leurs prises de notes à raison de 24 heures par semaine.

On nous refait le même coup des CPE et des emplois-jeunes au lycée. C’est absurde. Sérieusement vous imaginez un étudiant accompagné avec une personne de 50 ans à la fac? Je veux dire qu’il faut que l’AVS soit en phase avec l’étudiant, qu’il n’y ait pas de fossé. Et puis un AVS ça peut freiner l’intégration: ben oui pas facile de discuter avec les autres quand vous avez un AVS derrière vous, et c’est réciproques pour les autres étudiants. Dans certains cas les autres parlaient plus avec l’AVS qu’avec l’étudiant handicapé. Ceci dit, un AVS peut aussi aider le dialogue entre l’étudiant handicapé et les autres. Bref il faut savoir tenir des distances suivant la situation.

Pour ma part, je ne sais pas encore comment je pourrais rédiger mon mémoire, tout dépend si l’asso de ma fac trouve une personne chargé d’accueil qui pourra être mon/ma secrétaire…
Depuis que je n’ai plus d’AVS je travaille avec des photocopies de cours de mes camarades ou les profs me fournissent les cours, pour les travaux j’essaye de les faire en groupe. Le but est d’éviter d’avoir beaucoup de choses à rédiger. J’ai beau avoir un clavier adapté mais il ne pas me permettre de rédiger plus de 10 pages.

Bref les étudiants Playmobil c’est comme les ordinateurs: On s’intéresse à eux lorsqu’il y a la rentrée et pour les fêtes de fin d’année. A la différence des ordinateurs qui restent en rayons en dehors des périodes de promotions, les Playmobil, eux, rentrent dans leur placard médiatiques. Quant aux étudiants handicapés, si aucune aide efficace ne leur est apporté, ils seront contraint de se retirer du circuit.

La solution serait elle soit de fixer l’année scolaire à ces 2 mois de présence médiatique, soit de faire des petits reportages dans les JT consacré à ce problème, afin de ne pas oublié?

Je conseille la news sur la charte des universités sur handimobility.

Jérôme

9 Réponse pour 'Les étudiants Playmobil: une existence réelle temporaire?'

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  1. Nicolas a dit :

    le 11 septembre 2007 @ 23:01

    Bonjour,

    Ayant découvert votre blog grâce à la Planète Orange, je me suis permis de le présenter dans ma dernière note. Si vous avez des corrections, des ajouts, etc, n’hésitez pas à m’en faire part.

    Cordialement,

    Nicolas
    info@enfantdifferent.org

  2. justmarieD a dit :

    le 12 septembre 2007 @ 08:54

    Et voilà, je découvre votre blog grâce à Nicolas, ce que j’y ai lu me plaît bien, pas de faux semblant, pas de malhonnêteté du style je vais bien, tout va bien .
    Et quand j’aime je blogrolle : j’y vais de ce pas, à bientôt …
    une ex-étudiante qui a mis fin à ses études pour cause …. d’escaliers !

  3. Playmobil J a dit :

    le 12 septembre 2007 @ 14:32

    @ nicolas:

    Bonjour,

    Merci pour la présentation, c’est toujours sympa de savoir que les gens apprécient ce que vous faîtes.

    à bientôt j’espère. ;o)

    @ justmaried:
    Merci. Disons que nous sommes adultes et donc on a perdu notre naïveté de pré adolescent au profit de l’humour parfois caustique pour affronter la réalité.

    Je trouve vraiment dommage que des personnes stoppent leur étude à cause de souçis matériels/financiers même je comprend leur situation.

  4. justmarieD a dit :

    le 12 septembre 2007 @ 22:43

    Ben c’est à dire qu’à l’époque … ça remont quand même à il y a dix-huit ans …. oooooooooohhhhhh moooonnnnn dieuuuuuuuuuu, j’suis vieilllllllllllllle !!

    allez va je blague, il y avait trés peu de systèmes d’aide et si il y en avait on était trés mal informés !! et puis de toute façon la chimie c’était pas mon truc alors pas de regret !! Aprés j’ai fait quatre enfants, une entreprise … de quoi « m’occuper » comme j’entends parfois !

  5. delcroix a dit :

    le 13 septembre 2007 @ 01:03

    Le grand succès… Les playmobils estropies et associes devient le portail des « playmobils » 🙂

    Bravo, c’est un succès mérité que je soutiens depuis sa découverte 🙂

    Je reviens sur ton billet…
    Dans mon précédent commentaire, je faisais allusion au soucis à l’université de Tours et te posais la question de ce qu’il en était à Lille. 20 minutes a également repris l’info ( http://www.20minutes.fr/article/179832/France-Des-etudiants-handicapes-prives-de-rentree-universitaire.php ) et je te demandais si la situation était identique à lille…

    Je réagis également a ton paragraphe : «Bref les étudiants Playmobil c’est comme les ordinateurs: On s’intéresse à eux lorsqu’il y a la rentrée et pour les fêtes de fin d’année. A la différence des ordinateurs qui restent en rayons en dehors des périodes de promotions, les Playmobil, eux, rentrent dans leur placard médiatiques. Quant aux étudiants handicapés, si aucune aide efficace ne leur est apporté, ils seront contraint de se retirer du circuit.»
    Je pense qu’il faut distinguer plusieurs niveaux et ne pas mettre l’ensemble du personnel de l’Université dans le même sac. Je comprends ton propos qui est évidement généraliste, mais par exemple, je sais, que parfois, en cours d’année lors de certaines réunion nous soulevons les problèmes rencontrés par les handicapés dans notre UFR. Tu le sais pour avoir réagi à l’un de mes billets à ce sujet 🙂 C’est plus le dialogue et la franchise qui sont absentes, qui donnent peut être l’impression que l’on vous laisse dans votre coin…
    Nous réagissons également à la perception et à la connaissance du handicap. Si nous ne le savons pas, nous ne pouvons rien faire (cela arrive. Je prends le cas d’un handicap mineur mais qui peut avoir de l’importance, lors des cours de Photoshop, si je ne pose pas la question, il est très très rare qu’une personne me précise qu’elle est daltonienne et j’utilise fréquement le rouge et le vert dans mes exemples même si j’évite de la faire maintenant – 2 personnes en presque 20 ans :-((
    Je pense qu’il y a donc les organismes officiels et « les autres » qui peuvent aussi vous aider.
    D’ailleurs, je sais que nous chercherons une solution si tu ne pouvais rédiger ton mémoire, maintenant que je suis informé du problème.

  6. Playmobil J a dit :

    le 13 septembre 2007 @ 01:30

    Monsieur Delcroix, dans mon billet je ne critique pas mon UFR ni les enseignants, bien au coontraire! J’ai bien souligné que ma réussite vient de la collaboratiion des profs, de l’ufr et de mes camarades!

    Je ne mets pas l’ensemble du personnel de la fac dans le même sac! Lorsque il y un an je critiquais la visite médical annuel, cela visait nullement le médecin mais le système!

    D’ailleurs j’ai déjà souligné l’aide du personnel du resto U! Mon paragraphe visait les médias et les effets d’annonces des politiques par rapport à la réalité et ce je vis ou perçois.

  7. Jotbou a dit :

    le 13 septembre 2007 @ 21:20

    Suite à ton invitation à réagir sur ce sujet qui me tient à coeur, je me permets de préciser que l’information est un système particulier qui fonctionne par cycle.

    Les informations récurrentes (appelées « marronniers ») reviennent chaque année et se voient donc traitées sans un intérêt conséquent. Il suffit pour cela de voir comment une disparition ou une guerre est traitée à son commencement. Le déferlement médiatique est à cet instant intense. En contre exemple, on constate que les attentats quotidiens en Irak sont (tristement) devenus « banals » et sont juste gratifiés d’une brève dans les JT.

    Par ailleurs, je me permets de rajouter que ce qui fait l’information c’est ce qui est inhabituel, extraordinaire, qui déforme le quotidien (tsunami, le 11/09/01…) et le handicap ne semble pas encore avoir cette portée médiatique…

    Enfin, les dispositifs tels que le « téléthon » émeuvent les foules car ils sont de tailles conséquentes. Ils sont des accumulateurs d’attention de par le simple fait de la mise en place de l’opération (nombre de bénévoles, durée d’antenne, compteur gigantesque, figures connues impliquées etc.). Il en va exactement de même pour les Restos. Et c’est tout de même une portée rare pour un évènement de cette récurrence.

  8. Playmobil J a dit :

    le 14 septembre 2007 @ 15:16

    Bonjour Jotbou,

    Merci pour ton commentaire et ton analyse.

    J’ai également constaté que l’information est un système qui fonctionnait par cycle, d’où ma comparaison avec la période des promotions des ordinateurs…. ainsi que le choix des dates d’organisation du Téléthon et des Restos du Coeur.

    Je ne pas sûr que l’émoi suscité par des événements comme le Téléthon soit uniquement dû à leur organisation, mais qu’il y a aussi l’objet de l’événement qu’il doit tenir une place importante pour recueillir l’adhésion du public. Cependant la présence de people et de défis ne font que renforcer ton argumentation.

  9. Trackbacks a dit :

    le 28 mai 2017 @ 15:01

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